L’HISTOIRE ET L’ART DE LA ROUMANIE

Par Adriana Sotropa, maître de conférence en histoire de l'art à l'université Bordeaux Montaigne

 

 

 

Toutes les conférences de ce cycle : 

Le vendredi de 14 h 30 à 16 h
Salle Haroun Tazieff, 10 rue Farnerie, 26000 Valence
Cycle de 5 conférences : 20 € (Étudiant/Chômeur : 1/2 tarif)

Comparée par les historiens roumains à un « îlot latin » dans une mer slave, la Roumanie est un creuset d’influences variées, un carrefour de civilisations et un espace frontalier : frontière orientale extrême de l’Empire romain (la Roumanie occupant le territoire de l’ancienne Dacie, envahie par les Romains au II® siècle ap. J.-C.), elle est ensuite frontière occidentale de l’Empire Ottoman (les Roumains obtiennent leur indépendance vis-à-vis des ottomans en 1878). Cette première conférence se propose de revenir sur quelques jalons historiques et culturels. Si toutes les périodes y seront abordées, le XIXe siècle sera mis à l’honneur, en raison des mutations et bouleversements qui conditionnent notamment la formation d’un art et d’une scène artistique moderne.

Salons, vie artistique, pinacothèques, roumaine sociétés en quête artistique, de repères, expositions, de terrains revues... d’expressions ont structuré et de soutiens. Dans un pays où le rôle de l’État ne peut être comparé à celui de la France, des personnalités jouent un rôle majeur. Il en est ainsi de l’extravagant Alexandru Bogdan — Pitesti (1870-1922) ; collectionneur et mécène, il est notamment le premier à avoir œuvré en faveur de la réception et de la diffusion du Symbolisme, par le biais de ses articles, des actions de la société artistique leana (1897-1900) ou de sa revue éponyme (1900-1901). On songe aussi à l’action de patronne des arts de la reine Marie de Roumanie (1875-1938). Cette première conférence se propose de revenir sur quelques jalons historiques et culturels. Si toutes les périodes y seront abordées, le XIXe siècle sera mis à l’honneur, en raison des mutations et bouleversements qui conditionnent notamment la formation d’un art et d’une scène artistique moderne.

Quêtes identitaires dans l’art roumain

• 08 décembre 2017 •

Jeune nation, ayant à sa tête un roi étranger d’origine allemande, Karl von Hohenzollern-Sigmaringen (1839-1914), futur Charles I®’» de Roumanie (1881-1914), le pays essaie de se forger une image «authentique», de se doter d’un art national en sollicitant son histoire, notamment son passé post-byzantin, ses légendes, ses traditions ou son art populaire.

Comme dans la plupart des pays de l’Europe du sud-est, jusqu’au début du XIX® siècle, l’art avait essentiellement une vocation religieuse. La peinture à fresque ou à la détrempe était cantonnée aux espaces intérieurs ou extérieurs de l’église. Cette production était souvent réalisée par des artistes anonymes, le statut du peintre équivalant à celui de l’artisan et ce jusqu’au début du XIX® siècle. L’arrivée des peintres de l’Europe Centrale mais aussi d’Italie bouleversa ces conceptions artistiques : familiarisés avec l’art du portrait et la formule de la peinture de chevalet, ces artistes connaissent rapidement un vif succès dans une société en pleine mutation, désireuse de changement. La course effrénée à la modernité modifiera sans cesse les visages multiples d’une peinture désireuse d’être confrontée avec la production occidentale.

Si, aujourd’hui encore, la sculpture roumaine est essentiellement connue au travers de la figure de Constantin Brancusi (1876-1957), la sculpture roumaine mérite d’être mieux connue, voire reconnue sur le plan européen. Jusqu’aux années 1830-1840, la sculpture jouait un rôle essentiellement ornemental, la figure humaine, selon les dogmes de la religion orthodoxe encore très présents, étant proscrite. L’essor d’une sculpture moderne fut un des événements majeurs de la seconde moitié du siècle.

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