Ferveur, saveur et couleur : la Provence

Toutes les conférences de ce cycle : 

Le vendredi de 14 h 30 à 16 h
Salle Haroun Tazieff, 10 rue Farnerie, 26000 Valence
Cycle de 5 conférences : 20 € (Étudiant/Chômeur : 1/2 tarif)


par Catherine de Buzon, historienne de l’art.

« La Provence offre le spectacle d’une Ecole picturale nettement définie et particulièrement homogène » Charles Sterling, en grand spécialiste, s’attachera à en définir le style et la manière. Le 15° siècle sera, en effet, sur ces territoires du Sud(Avignon-Aix..) extrêmement riche D’influences conjuguées (l’Italie et les Flandres), mais aussi de personnalités essentielles comme le Roi René, passionné de peinture, qui saura s’entourer d’artistes remarquables laissant aux murs des églises de son territoire des œuvres majeures frappées au sceau de cette lumière particulière du midi. Barthélémy d’Eyck, Enguerrand Quarton, Nicolas Froment, Liefrinxe…manifesteront Sue trois générations, les mêmes qualités de classicisme monumental, de retenue et d’intensité, sachant au delà de la diversité de leurs origines et des influences étrangères créer une écriture véritablement originale.


par Hélène Novaresio,  conférencière nationale.

Entre Alpes et Méditerranée, entre mer et montagne, du Comté de Provence au Comté de Nice, de la Ligurie au Piémont, les peintures murales d’inspiration populaire, ornaient les petites chapelles rurales, celles des confréries de pénitents, quelques églises paroissiales et certains couvents. Les peintres de fresques et/ou de retables, itinérants pour la majorité d’entre eux, empruntaient, du littoral aux vallées alpines « les chemins du sel »… Dans les Alpes méridionales, les vallées de la Tinée, de la Vésubie ou de la Roya sont riches de ces traces laissées par ces itinérants et notamment les peintres appelés par les communautés villageoises et leurs notables. Un grand nombre de sanctuaires sont encore aujourd’hui ornés des peintures pariétales. Et des retables de Louis Brea, Jean Baleison, Giovanni Canavesio, Jean Miralhet, Andréa Cella et de bien d’autres peintres , qui, entre Gothique et Renaissance, peuvent être réintégrés dans ce grand mouvement de l’humanisme européen.


par Catherine de Buzon, historienne de l’art.

La Provence pour les peintres est une question aussi exaltante que difficile. Elle offre des visages si diversifiés et est transcendée par cette lumière là, sublime et redoutable pour qui veut la capturer. Ils s’y sont essayés au fil des années, des modernités, des techniques, des Ecoles ; La Méditerranée ! Ici l’on peut apprécier les audaces de l’un, la suavité de l’autre, l’extraordinaire richesse des réponses de Toulon à Marseille et l’Estaque ,et bien sûr, Saint Tropez ; Paysages et Peintres du littoral de Provence- des calanques- de la transparence des eaux- une mer miroitante de reflets- mais aussi la vie au quotidien : les pêcheurs, les marchés, les thèmes associés au repas et à ses ingrédients… En ces « lieux », la peinture s’est dépassée, ouvrant de nouveaux horizons, élaborant un nouveau langage plastique, impliquant de nouveaux concepts, avec, ici, toujours la mémoire du Maître que fut Cézanne.


par Hélène Novaresio,  conférencière nationale.

Cette forme votive de représentation qu’est la production d’ex voto s’est développée dans l’Europe de la Contre Réforme, à partir du XVIe siècle. Cette production fut très développée en Provence, surtout entre le XVIIe et le XIXe siècle . Ces petits tableaux étaient exécutés à la demande d’un donateur, commanditaire qui indiquait au peintre ce qu’il devait représenter. Populaire ou bourgeoise, l’image peinte, Va ainsi raconter une histoire, concrétiser la démarche votive et être déposée dans un sanctuaire. Anonymes pour la plupart, ces ex voto furent réalisés par des artisans peintres-décorateurs. Certains ex voto, de plus belle facture, sont l’œuvre de peintres locaux reconnus. Les ex voto peints sont à la fois le témoignage d’une intercession jugée miraculeuse et donnent à voir des images d’autrefois, reflet d’un monde aujourd’hui révolu.


Par Christian Loubet, professeur en histoire des mentalités et des représentations, Nice-Sophia.

Entre figuration et abstraction, Nicolas de Staël(1914-1955) a cherché à exprimer la quintessence de la peinture. Entre réalité et sa vision, il reconstruit de manière sensible et tactile un monde où couleurs et matières prennent forme. L’impulsion du peintre se mue alors en aspiration à l’infini. Par l’énergie de son désir, il s’inscrit dans cet espace remodelé. Mais son « combat avec l ‘ange » l’épuise. Le soleil lui a brûlé les ailes. Fasciné, attiré, il finira par s’élancer pour une immersion ou un envol au delà des remparts d’Antibes, vers le grand bleu.

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