LE PAYSAGE, L’EXPRESSION D’UNE INTÉRIORITÉ …

Toutes les conférences de ce cycle :

Le mercredi de 14 h 30 à 16 h
Salle Maurice Pic - Hôtel du département 

( 26 avenue du président Herriot, 26000 Valence)
Cycle de 6 conférences : 25 € (Étudiant/Chômeur : 1/2 tarif)


Par Laurent Abry, historien de l’art

Longtemps considéré comme un genre mineur le paysage, loin de ne représenter qu’un arrière-plan ou un simple décor, reflète les émotions, l’univers mental et mystique d’un artiste. Il faut cependant attendre l’élan romantique pour que, dans un dialogue avec le cosmos, l’être humain se confronte à sa petitesse. Le paysage prends alors une dimension quasi-religieuse. Cette première conférence abordera différents univers mystiques de cette période, que ce soit à travers les œuvres d’un C.D. Friedrich, peintre de « paysages de l’âme du monde » ou d’un W.Turner où la subjectivité se fait plus tourmentée, véritable « cri de la nature ». Nous évoquerons également l’exacerbation du tourment existentiel des paysages fiévreux d’un W. Blake puis le romantisme pittoresque et charmant d’un J. Constable. « Le romantisme n’est précisément ni dans le choix des sujets ni la vérité exacte mais dans la manière de sentir » nous explique Baudelaire annonçant ainsi de façon intuitive l’impressionnisme.à la définition actuelle de ce terme.


Par Laurent Abry, historien de l’art

Le paysage impressionniste offre une vision nouvelle de la nature ; l’artiste se place physiquement et intellectuellement au cœur de ce dialogue avec le Créateur pour ne devenir qu’un « œil » essayant de capter la fugacité d’un instant ou déformant le réel, tel un Van Gogh pour pouvoir mieux exprimer un état mental tourmenté. Des artistes comme Boudin, Renoir ou Monet cherchent à expérimenter l’oubli de soi-même dans l’unité parfaite avec le cosmos ; leurs peintures deviennent ainsi l’équivalent en image des intuitions de Bergson pour qui » le changement est la substance même de l’être modelé uniquement par la Lumière qui l’incorpore au courant du Temps. »


Par Pascale Lépinasse, diplômée de l’École du Louvre, docteur en ethnologie

Si le Post-Impressionnisme fit la jonction entre le choc impressionniste et les avant-gardes du début du XXè siècle, c’est parce que ses têtes de file proposèrent un renouveau radical de la peinture, à l’origine de l’art moderne. Toutes eurent à cœur de s’approprier le monde qu’ils avaient sous les yeux pour nous en donner leur interprétation personnelle : les Divisionnistes avec la volonté de traduire la nature au moyen de couleurs pures, Cézanne dans l’espoir de capter l’essence même du paysage grâce aux lois universelles de la géométrie, les Nabis en quête du caractère sacré de la peinture, ou encore Van Gogh exprimant la force des passions humaines dans ses paysages tourmentés. Les Fauves poursuivront dans cette voie, en confondant l’énergie chromatique et le tempérament de l’artiste, d’où les forêts chamarrées d’un Vlaminck et les clairières harmonieuses d’un Matisse. Nous verrons enfin que des grands paysagistes comme les viennois Klimt et Schiele, le norvégien Munch et le suisse Hodler, poursuivront ce dialogue intime avec la nature, glissant une part d’âme au creux des bois, des champs et des lacs qu’ils aimeront tutoyer.


Par Claire Grebille, historien de l’art

Cri de révolte contre l’ultra-conservatrice société willhelmienne, l’expressionnisme allemand rassemble, selon Marx Ernst, tous les artistes ayant l’intention de donner expression au spirituel. Des jeunes artistes s’organisent tour à tour en deux groupes, qui vont trouver, dans le paysage, un langage privilégié. La première association, Die Brücke, est née à Dresde autour de Kirchner, Heckel, Mueller ou Nolde tandis que la seconde, Die Blaue Reiter, à Munich, est stimulée par la figure charismatique de Kandinsky. Ces deux mouvements vont jouer sur les déformations visionnaires de la réalité et exprimer la transcendance de la Nature, en privilégiant le lyrisme de la couleur.


Par Claire Grebille, historien de l’art

Poursuivant cette aspiration à la dématérialisation du paysage, le tchèque Wenzel Hablik, suggère par l’usage transcendant des bleus, l’immensité inter-siderale. Habités par le même questionnement mystique, empreint de réflexions théosophiques, Kupka et Kandinsky basculent définitivement dans l’abstraction en expérimentant une vision de la concorde universelle, reliant interrogations métaphysiques, harmonie musicale, rythmes chromatiques dont l’immatérialité perpétue toute en la dépassant la quête d’idéal spirituel née du paysage romantique allemand.


Par Pascale Lépinasse, diplômée de l’École du Louvre, docteur en ethnologie

Soucieux d’intégrer l’art à notre environnement direct et sensible, l’art contemporain s’est tourné à plusieurs reprise vers la nature. Né à la fin des années 60 en Italie, l’arte povera tend à l’exalter, en prônant le recours à des matériaux naturels comme la terre et à des éléments végétaux ou minéraux. Giuseppe Penone, interroge le lien entre l’homme et la nature en intervenant au sein de la forêt, Mario Merz, lui, travaille sur des formes organiques, et des matières à la fois précaires et vitales. A leur suite, les représentants du land art produisent un art de la métamorphose. En rupture avec l’espace contraignant et artificiel de l’atelier et des galeries, ils travaillent dans et sur la nature. Sculpture, paysage et architecture se confondent alors, pour des interventions ponctuelles ou durables.…

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